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Un spectacle de haut vol

Zurich
Opernhaus
09/17/2023 -  et 20, 24* septembre, 1er, 8, 13, 18, 21, 28 octobre 2023
Giacomo Puccini : La rondine
Ermonela Jaho (Magda), Sandra Hamaoui (Lisette), Benjamin Bernheim (Ruggero), Juan Francisco Gatell (Prunier), Vladimir Stoyanov (Rambaldo), Andrew Moore*/Stanislav Vorobyov/Steven Whiting (Périchaud), Nathan Haller (Gobin, Un giovane, Adolfo), Stanislav Vorobyov (Crébillon), Yuliia Zasimova (Yvette, Georgette), Meeta Raval (Bianca, Gabriella), Siena Licht Miller (Suzy, Lolette), Valeriy Murga (Un maggiordomo), Amin Ahangaran (Rabonnier), Annabelle Kern (Un cantore), Yannick Bosc (Il servitore)
Chor der Oper Zürich, Ernst Raffelsberger (préparation), Philharmonia Zürich, Marco Armiliato (direction musicale)
Christof Loy (mise en scène), Etienne Pluss (décors), Barbara Drosihn (costumes), Fabrice Kébour (lumières), Thomas Wilhelm (chorégraphie), Kathrin Brunner (dramaturgie)


(© Monika Rittershaus)


En prélude aux festivités qui ne manqueront pas de marquer, l’année prochaine, le centième anniversaire de la mort de Puccini, l’Opernhaus de Zurich présente, en première suisse, La rondine (L’Hirondelle en français), ouvrage créé en 1917 à Monte‑Carlo. Le livret de La rondine n’est pas sans rappeler celui de La Traviata : l’héroïne, Magda, est une courtisane en vue à Paris, entretenue par le riche Rambaldo mais amoureuse d’un jeune homme de bonne famille, Ruggero. Les conventions sociales de son époque la contraignent à sacrifier son amour et à revenir vers son protecteur. Les airs les plus connus, « Il bel sogno di Doretta » et « Ore dolci e divine », figurent sporadiquement au programme de concerts de chanteurs. La première de l’opéra n’a pas connu le succès des précédents ouvrages du compositeur. Jugée mineure, peut-être parce qu’elle n’a pas le souffle dramatique d’une Tosca ou d’une Turandot, la partition est parcourue de bout en bout par la veine mélodique si caractéristique de Puccini. Quoi qu’il en soit, La rondine n’a jamais réussi jusqu’ici à prendre son envol.


Les choses seraient-elles en passe de changer ? On peut l’espérer, car la Scala va présenter une nouvelle production de La rondine l’année prochaine, pour le centième anniversaire de la mort de Puccini. Le vénérable théâtre va ainsi réparer l’injustice de 1944, où, à l’occasion des vingt ans du décès du compositeur, l’intégrale de ses œuvres avait été jouée, à l’exception de La rondine. Proche de l’idéal, la nouvelle production zurichoise devrait, elle aussi, contribuer à faire sortir L’Hirondelle de sa cage.


Réputé, il y a encore quelques années, pour ses mises en scène décapantes, Christof Loy s’est bien assagi avec l’âge. Il signe avec La rondine une production fidèle au livret, fonctionnelle et sans grand relief, mais parfaitement fluide et très colorée, grâce notamment aux costumes de Barbara Drosihn. La seule liberté que se permet le metteur en scène est de transposer l’action dans les années 1950. L’intrigue se déroule dans le décor unique du salon de Magda, lequel, par l’ajout de quelques meubles, se transforme en cabaret pour le deuxième acte. La fin est particulièrement réussie : après avoir essuyé le refus de Magda, Ruggero quitte le salon à reculons, au fur et à mesure qu’y pénètre Rambaldo pour prendre ses aises dans un fauteuil. Retour à la situation initiale, comme si de rien n’était, ou alors Magda aurait-elle tout simplement fait un rêve ?


A la tête du Philharmonia Zürich, qui joue parfois un peu fort, Marco Armiliato offre une interprétation transparente et raffinée de la partition de Puccini, en en faisant ressortir toutes les nuances et toutes les délicatesses, dans un grand élan lyrique passionné. La distribution, parfaitement homogène, est dominée par la magnifique Magda d’Ermonela Jaho. On sent la soprano totalement habitée par son personnage, Magda très intériorisée, constamment sur le qui‑vive, intense et émouvante. L’air le plus célèbre de l’opéra, « Il bel sogno di Doretta », est émaillé de superbes notes aiguës attaquées pianissimo avant de se déployer dans tout l’auditoire en splendides crescendi. Le Ruggero candide et touchant de Benjamin Bernheim est à l’avenant, avec son chant racé et nuancé, parsemé d’aigus radieux et lumineux. Juan Francisco Gatell incarne un Prunier élégant et distingué, au chant soigné et stylé, alors que Sandra Hamaoui est une Lisette espiègle et enjouée, à la voix légère parfaitement conduite. On mentionnera également le Rambaldo impassible de Vladimir Stoyanov, au timbre de velours.



Claudio Poloni

 

 

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